poètes en val-de-marne

Blog mis, par la Biennale Internationale des Poètes en Val-de-Marne (BIPVAL), au service des amateurs de poésie du département.

05 février 2009

La poésie par mail

Jean-Pierre Balpe ayant lancé le genre avec son "Mail roman" en 2000 (mais à sa façon toujours plus rigoureuse puisqu'il n'a jamais proposé cet ouvrage à la publication et qu'il utilisait pleinement toutes les possibilités interactives du mail), les éditions P.O.L ont à leur tour découvert l'intérêt d'utiliser les mails personnels pour, en quelque sorte, faire connaître à quelques privilégiés une de leurs futures publications : Jacques Jouet d'abord, puis Jean-Jacques Viton ont accepté de jouer le jeu. C'est maintenant Liliane Giraudon avec:

Kara Walker n'est pas Joséphine Baker,
feuilleton quotidien de poésie de Liliane Giraudon
en 13 épisodes avec des dessins de Liliane Giraudon.

Dont voici l'extrait du jour:

13

Visible par temps clair
le style Documentaire
une poche sans bouton
je crois l’avoir saisi dans son Ensemble
cet art d’exister contre les faits
face ou profil
des Choses arrachées décousues

14

Une branche d’acacia et qui tremble
dans l’air cette Langue
on n’en connaissait pas vingt mots
on a tout traduit
lettre par lettre sans savoir
ni dire ce qu’il fallait faire
le mot Amour par exemple
mieux vaut le faire
en silence avec tout le monde
pas si difficile le mot Calcul
en tant qu’expression d’une prévoyance
base d’une constante

15

Strictement parlant tout est fortuit
autour de nous Manger des œufs
le matin trouver
un objet de violence
dans une structure donnée
prise en compte du Noir
très dessiné le garçon unijambiste
copule avec la Morte
« Fils c’est ta mère »

16

Celui qui veut être dupe
c’est celui qui veut avancer
l’autre recule sans cesse
Le Guide des égares il dit
c’est mon chemin de fer
Mouvement
c’est-à-dire changement
inertie
c’est-à-dire résister au changement
une sorte d’excitation dans les Deux sens
j’ai fondé ma cause sur rien
fellation une vie
cette roue fermente au Cœur des continents

04_ange_manchot

Les lecteurs intéressés peuvent le signaler aux éditions P.O.L. en envoyant leur adresse mail : otchakov@pol-editeur.fr

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05 novembre 2008

Lectures novembre 2008

BIPVAL_7


Comme Arsène Lupin (livre+CD), Hervé Brunaux, éditions Dernier télégramme, 15,00 €
Avec l’élégance et l’humour du gentleman-cambrioleur, Hervé Brunaux, en crooner, revisite cette icône littéraire et surtout télévisuelle, confirmant la persistance de la veine héroïque de la poésie contemporaine.

De ça, Vladimir Maïakovski, traduit et présenté par Henri Deluy, éditions Inventaire/invention, 11,00 €
Une nouvelle traduction d’un livre de 1923 où le génial état du vers de Maïakovski dialogue avec la Nouvelle Politique Economique de l’Union Soviétique. Le texte est précédé d’une « Adresse à Vladimir » qui replace le poème dans un siècle d’engagement et de littérature.

Jamais ne dors, Pascal Boulanger, éditions Le Corridor bleu, 13,00 €
Réinvestissant le verset claudélien, Pascal Boulanger amplifie son travail poétique de manière étonnante. L’amour dans l’extrême diversité de ses formes y est ce souffle qui induit la scansion.

L’évangile du gitan, Jean-Marie Kerwich, éditions du Mercure de France, 14,50 €
Un ensemble de textes en prose qui tantôt penchent du côté de la poésie, tantôt de celui de la nouvelle s’interrogeant sur le mode de la confession autobiographique d’une enfance et d’une vie gitane sur les rapports de l’auteur au monde et à l’éternité auquel sa foi le renvoie sans cesse.

Mon suicide, Jean-Luc Caizergues, éditions Flammarion, 20,00 €
De petits textes d’un humour noir, naviguant entre la tendresse d’un regard décalé et la cruauté de l’absurde, décrivant les objets quotidiens les plus banals ou des actions anodines comme autant de fabulettes toujours (presque) composées de trois strophes de quatre vers. Une vision ironique et décalé de la vie contemporaine quotidienne.

MRM, Jacques Jouet, éditions POL, 12,00 €
Un recueil de poèmes qui pourrait être un roman, la vie — en tercets oscillant autour de l’alexandrin (grande prédominance des quatorze pieds) sans jamais s’y reposer — de Marie-Renée Morin, une tentative de portrait pour réconcilier fiction et poésie tout en essayant de maintenir les apports de l’une et de l’autre. Un ouvrage bien dans la ligne de l’Oulipo où se rencontre un écho général de l’écriture de Raymond Queneau.

Ne te confie qu’à moi, Mathieu Bénezet, éditions Flammarion, 18,00 €.
Dernier recueil de Mathieu Benezet qui en a déjà publié beaucoup d’autres, un recueil composé en fait de plusieurs sous-ensembles aux styles différents avec comme constante une écriture qui évite l’excessivité du lyrisme, cherche à utiliser la langue la plus directe possible avec le moins d’effets possible : une écriture parfaitement maîtrisée.

Valérie par Valérie, La Rédaction, éditions Al Dante, 20,00  €

Ce livre est le portrait auto-documenté grâce à La Rédaction de Valérie, héroïne malheureuse d’une émission de téléréalité. Un fabuleux point de vue langagier, inquiétant et drôle sur ces curieuses formes processuelles de production que sont nos vies. Cependant cet ouvrage n’est pas spécifiquement présenté comme étant de la poésie.

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