poètes en val-de-marne

Blog mis, par la Biennale Internationale des Poètes en Val-de-Marne (BIPVAL), au service des amateurs de poésie du département.

04 décembre 2007

Sylvie Rigolet-Jaffray

Pourquoi

Des larmes tombent des demies lunes
Et viennent se perdre dans ces dunes
Pourquoi jeunesse pleures-tu si souvent
Dur ce depart dans le nouveau vent
Pourquoi faut-il  toujours des larmes
Ne possedons-nous que cette arme

Demain

Demain sera fait de soleil
Finies les pluies et les crises
Bientot se leve le soleil
Nous mangerons des cerises
Couvertes de rosee fraiche
Nous poserons le pied sans mal
Sur cette plaine si fraiche
Il n'existera plus de mal
Qu'est ce qui differencie le Bien et le Mal
Si ce n'est les mots et le sens qu'on leur donne
Le Bien: tout ce qui est accepte par l'Autre
Toute ce qui s'explique même tant bien que mal
Le Mal: c'est tout noir comme une fausse donne
Le monde le jette sur le dos de l'Autre

L'orphelin

Enfant ne dans un mauvaus moment
Deviendra un bebe sans parent
Son coeur pleure sa solitude
Dans ce monde des habitudes
Enfant ne de l'amour d'un moment
Cherchera toujours une maman
Cet innocent se sent comme fautif
D'une faute qu'on lui a donnee
Un jour il fondera un foyer
Et donnera son amour captif

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22 juin 2007

Deux poèmes d'Éric Dubois

AMOR ET MORT

Nous sommes les bras du soleil et les mains de la lune
les yeux du ciel et les pieds de la cité
le ventre de l’arbre et les poumons de la terre

Avec nos ongles pour rassurer
la langue de nos ancêtres
et nos chiens d’oubli

Dans les pas des morts
nos empreintes vivantes
pour combien de temps encore

Dans la salive de nos mots
et le sang de nos gestes
le mélange de nos peaux

Dans l’éloge de l’impossible
du simple au particulier
dans la matrice  qui avale
les projets les attentes

___________________

LES MURS DU SOLEIL


J'irai là-bas
avec mes larmes de singe

Avec mes mains d'esclave
et mes pieds de berger

Taper contre
                  les murs du soleil

De ma voix d'apocalypse
entonner             un chant de crapaud

Je ne suis qu'une bouche sèche
                      remplie de mots   malades

Des dents qui frappent
                                  les murs du soleil

Des dents de mineur et des dents de laboureur
                           sur les murs du soleil

Des rêves de mes ancêtres
                            des rêves pour de nouvelles générations

Contre les murs
mouillés des larmes des femmes qui enfantent dans la douleur
souillés des regrets des hommes qui mangent dans leurs odeurs de travail

Contre les murs de la France
sous le soleil de la Manche
et sous le soleil des Flandres

Contre les murs de soleil
à Paris

Contre les murs du temps

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07 avril 2007

Un poème de Jean Cocteau

cocteau






Vivre un temps certain

Vivre un temps certain
toucher son propre visage
s'assurer que l'on a vécu,
laisser tes doigts crissés
sur les sillons de ma face
pour entrevoir
l'espace d'un silence
ce que nous avons vécu
et
se rendre.

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05 avril 2007

Un poème d'Emmanuel Berland

Pays où la nuit est tombée

oignons et olives
abondance de monde

comme autrefois

mais la maison dans les pins
a brûlé

pays de peu de ferveur, tué sous les
bombes

et pourtant parfumé d'écorces
d'oranges
assailli de martyrs et de cigales secrètes

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14 février 2007

Un poème de Patrice Cazelles

LA VIE LA VERITE LA POESIE

LA VIE EST MAL FAITE
NI FAITE NI À FAIRE D’AILLEURS
C’EST UNE AFFAIRE ENTENDUE
QU’ON NAIT POUR RIEN
ET QU’ON N’Y EST POUR PAS GRAND-CHOSE PAS MOINS CON NI PLUS NIAIS QU’UN AUTRE
JE CONSTATE QU’ON S’TATE AVEC DES IDÉES NEUVES OU PAS BIEN C’EST TOUT COMME
C’EST VEXATOIRE D’ÊTRE
ÇA DÉFONCE AUCUNE VÉRITÉ VARIABLE QU’ON SOIT OU QU’ON SOIT PAS CONÇU
ÇA NOUS FREINE MÊME PAS D’EN CHIER D’AUTRES ÇA STIMULE MÊME ÇA MOTIVE A MÉRITER DU SENS QU’AU FOND Y’A PAS
AU FOND ÇA BERNE ÇA BRANLE ÇA DISCULPE DES MÉFAITS D’LA CAUSE
DE L’ENJOINTEMENT D’Y SOUSCRIRE J’APPELLE ÇA LA VÉRITÉ MOI

LA VÉRITÉ EST MAL FAITE AUSSI
NI FAITE NI À FAIRE D’AILLEURS
C’EST UNE AFFAIRE ÉTENDUE LA VÉRITÉ ON L’A PAS EU POUR RIEN
ON A PAYÉ POUR VOIR ON LUI DOIT SA VIE À LA VÉRITÉ MAIS À LA VÉRITÉ LA VIE EST MAL FAITE AUSSI
NI FAITE NI À FAIRE D’AILLEURS
VOUS QUI NAISSEZ N’CONNAISSEZ
PAS ET MOI QUI NAQUIT N’ACQUIT PAS

FAUDRAIT JEUNIR SUR DU VIEUX
COMME LA MOUSSE DU TRONC
C’EST PAS LA POÉSIE QUI VA NOUS SAUVER D’ ÇA
LA POÉSIE ELLE S’EN FOUT
ELLE S’EN SORT TOUJOURS LA    POÉSIE
LA POÉSIE EST MAL FAITE AUSSI
NI FAITE NI À FAIRE D’AILLEURS ...

TOUT C’QU’ON PEUT VAUT PAS
QU’ON S’Y COLLE AU FOND
LA LANGUE C’EST MOU C’EST TOP-SECRET C’EST OBSOLESCENT ÇA VA SANS DIRE QUE ÇA DÉGOUTTE DE PENSER AUX MOTS QUI F’RAIENT L’AFFAIRE COMME DANS LA VIE FAUT PAS S’EN FAIRE ALORS ON TAPE DANS L’ TAS T’AS LA LANGUE PENDUE SUR LE TRIBORD TU SERRES LES FESSES T’ALEVINES AU GRAIN AVEC DES SOUS-MOTS-TORRIDES GENRE LE CIEL EST UN ECRIN MAIS TU CRAINS LA R’DITE TU T’ÉTOUFFES T’AS LA GLOTTE DANS L’SAS T’ES SEC COMME UN VERS BLANC TU VAS T’VIDER DANS DU TOUT CUIT QUI L’EUT CRU TOI QU’ÉTAIT SI PRÊT SI PRÈS D’QUOI QUOIQU’ON FASSE EN POÉSIE ON EST TOUJOURS LOIN D’Y ÊTRE
À LA VÉRITÉ L’ÊTRE EST MAL FAIT AUSSI NI FAIT NI À FAIRE D’AILLEURS …

L’ÊTRE EST À LA POÉSIE CE QUE LA VIE EST À LA VÉRITÉ EN SOMME
TOUT TOURNE AUTOUR DE ÇA 
L’ÊTRE EST TOUT OU RIEN MAIS RIEN N’EST SANS NAÎTRE NI TOUT À FAIT ÇA SUR QUOI J’M’APPUIE POUR LE DIRE SANS L’SAVOIR …

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12 février 2007

Deux poèmes d'Éric Dubois

_ric_Dubois


ROBE DE JOUR AU BOUT DU PAVÉ

Elle met sa robe de jour
au bout du pavé

Elle attire à elle tous les serpents
de la nuit

Les chansons les plus douces
sortent des égouts

On ne les oublie jamais
on les emporte avec soi

Valises sur un quai désert
valises à la consigne de l’amour

                ***

LES MURS

Tous ces murs entre nous
murs de l’esprit

Façonnés par toutes ces mains
ignorantes

Dans les rêves des peuples
dans leurs cris

Dans les rues des villes
dans les champs et les labours

Dans les paroles des plus sages
dans les chansons des plus fous

Tous ces murs à détruire
manteaux de nuit manteaux de jour

Pierres du langage et de la concorde
murs des prisons murs des écoles

Là où vont les regards limpides

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