06 novembre 2009
Lectures poétiques en ce mois de novembre 2009
La petite collection La Porte (Yves Perrine à Laon) publie chaque année pour 18,00 €
(port inclus) six recueils d’auteurs contemporains généralement de bonne qualité.
Les deux derniers : Gérard Titus-Carmel, plus connu comme peintre, publie Brisées, quelques fragments saisis comme au vol d’instants
fugitifs ; Hubert Haddad, Thrène, qui est, comme l’on sait, une lamentation, ici toute en finesse et
retenue, sur la mort d’une personne aimée.
Isabelle Balandine Howald, La douleur du retour, ed. La
cabane, 6,00 €
Une écriture du paysage où le paysage géographique se mêle
intimement au paysage sentimental une écriture simple, agréable comme
allant de soi et cependant si juste.
Julien Blaine, Cours minimal sur la poésie contemporaine,
ed. Al Dante, 15,00 €
Inutile ici de présenter Julien Blaine qui est une des voix les
plus tonitruantes de la poésie contemporaine. dans cet ouvrage, il se propose
de donner à comprendre à partir de son anthologie personnelle d’exemples
concrets de sa propre écriture, le fonctionnement des poésies dites « d’avant-gardes ».
Jan Baetens, Pour une poésie du dimanche, Les impressions
nouvelles, 9,00 €
Dans une forme tournant autour du sonnet, un hommage de l’auteur
à ceux qu’il nomme les « poètes du dimanche », c’est-à-dire ceux qui,
contraints de travailler pour vivre, ont été influencés dans leur écriture par
la pratique de leur métier. Jan Baetens leur prête alors son écriture en
s’efforçant de voir ce qui peut transparaître du métier dans le poème. Un bel
exercice de style…
Gérard Macé, Promesse, tour et prestige, ed. Gallimard,
12,00 €
Gérard Macé (Grand prix 2008 de l'Académie Française) a beaucoup publié et ce recueil n’est que le dernier
d’une longue série. Ici c’est à une réflexion sur la magie, magie du réel et
magie des mots, qu’il, invite son lecteur, travaillant sur cette lisière étroite
où le réel et l’imaginaire se rencontrent pour créer ce monde à part qui est
celui du poème.
Mathieu Bénézet, Après moi le déluge, éditions Léo Scheer,
16 euros
«Ce livre est : sans clefs», dit Bénézet, alors
qu’il ne s’agit que de lui, ou de Lui, et de l’autre, dans une oscillation
continue entre la comédie de la réalité et celle de la représentation, entre la
comédie du Je et celle du jeu des girations entre fausse dualité et fausse séparation, séparation, fameux
schize, qui apparaît et disparaît dans un même mouvement.
26 mai 2009
Poésies berbères
Hommage à Youssef Sebti
Lectures musicales
proposées par l’Urbaine de Poésie
et l’association Ensemble pour l’avenir
Vendredi 19 juin 2009 à 19h30
Brasserie du théâtre à Vitry-sur-Seine
Brasserie du théâtre Avenue Gagarine (Réservation indispensable)
contact : urbainepoesie@hotmail.fr ou 06 17 09 84 37
(bus 183 à porte de Choisy ou 180 à partir de Villejuif Louis Aragon,
ligne 7, arrêt Hôtel de Ville de Vitry)
06 avril 2009
Lectures de poésie pour avril 2009
contretemps paradist de François Rannou, La Rivière échappée, 2009, 20 €.
Les poèmes de François Rannou s’inscrivent ici de plusieurs manières déjà expérimentées par l’auteur dans d’autres ouvrages qui, se combinant ou non, sont autant de possibilités de lectures qui se déploient différemment dans le temps : verticalités du poème ou au contraire ses horizontalités mouvantes, l’inventant sur plusieurs pages qui sont autant de (re)lectures, toujours incomplètes. A cela, toujours indécis mais précis, Rannou ajoute la traduction d’un chant populaire breton révélé par le Barzaz Breiz de La Villemarqué… Ar Rannou (Les Eléments). Une réussite.
Franck Venaille, Ça, Mercure de France, 2009, 14,80 €.
Il est difficile de croire que la jubilation que l’on ressent à la lecture du dernier livre de Franck Venaille soit si proche du mot douleur, du mot souffrance. Mais c’est ainsi. On ne pourra y voir coquetterie ou afféterie ou même manque de discernement « puisque c’est sur le mouvement et l’action que j’ai bâti mon écriture/poétique » écrit Venaille. Livre des plaies et des circulations, des renoncements et des dynamiques.
Marie-Céline Siffert, Monsieur en extase sur la couverture, Editions Jacques Brémond, 2008, pas gratuit mais dépourvu de prix apparent.
Marie-Céline Siffert m’intrigue, en ce qu’elle ne nie rien du passé et du présent du poème, et qu’au contraire elle les mêle, les emmêle, les démêle pour y découvrir, non du nouveau, mais un objet singulier, aux rythmes, aux vitesses, aux intensités variés qui appellent sans appeler, résident et s’échappent. Bref : un livre sur un Monsieur à grand M que les combinaisons du langage rendent très bien.
08 décembre 2008
A lire pendant les fêtes de préférence devant la cheminée
Quelques conseils pour vos lectures poétiques du mois de décembre 2008:
Écrits poétiques, Chistophe Tarkos, P.O.L, 20,00 €
Mort en 2004 à quarante et un ans, Christophe Markos est un des jeunes poètes performers qui ont marqué leur génération. Il laisse une œuvre relativement abondante, très marquée par l’oralité, le flux, le débit dont les éditions P.O.L publient un premier volume.
Un livre de fables, Bernard Noël, Fata Morgana, 15,00 €
Bernard Noël n’a plus besoin maintenant d’être présenté car on connaît son importance pour l’écriture contemporaine. Dans ce recueil il nous offre une centaine de poèmes courts, denses, paroles d’êtres métaphysiques et surréels, éclairs de mots sur des énigmes du monde regroupés dans onze espaces de fables.
Recherche + corps, Patrick Bouvet et Eddie Ladoire, Le bleu du ciel, 15 €
Un autre recueil accompagné d’un CD-audio : Eddie Ladoire met en musique les textes que dit Patrick Bouvet. Une poésie simple, directe centrée essentiellement sur les rapports à l’autre et, tout particulièrement les rapports homme-femme.
Zwar, Francis Cohen, Théâtre Tygraphique, 12,00 €
Associant Maurice Scève et la prose délirante du Président Schreber, Francis Cohen avec sûreté travaille le vers, l’intimant à trouver une place entre l’histoire et ses drames.
Avalois, Bernard Collin, Michel Chandeigne, 7,00 €
Sous ce terme mystérieux mais enchanteur, Bernard Collin assemble quelques pages de son grand œuvre toujours en cours. Amour, émerveillement perpétuel et émotion bondissent de ces phrases d’une extraordinaire simplicité et science à la fois.
Alphabet, Dorothée Volut, Eric Pesty Editeur, 9,00 €
A cet alphabet décomposé manquent quelques lettres, celles imputables probablement à l’enfance, mais que l’écriture serrée de Dorothée Volut reconquiert.
05 novembre 2008
Lectures novembre 2008
Comme Arsène Lupin (livre+CD), Hervé Brunaux, éditions Dernier télégramme, 15,00 €
Avec l’élégance et l’humour du gentleman-cambrioleur, Hervé Brunaux, en crooner, revisite cette icône littéraire et surtout télévisuelle, confirmant la persistance de la veine héroïque de la poésie contemporaine.
De ça, Vladimir Maïakovski, traduit et présenté par Henri Deluy, éditions Inventaire/invention, 11,00 €
Une nouvelle traduction d’un livre de 1923 où le génial état du vers de Maïakovski dialogue avec la Nouvelle Politique Economique de l’Union Soviétique. Le texte est précédé d’une « Adresse à Vladimir » qui replace le poème dans un siècle d’engagement et de littérature.
Jamais ne dors, Pascal Boulanger, éditions Le Corridor bleu, 13,00 €
Réinvestissant le verset claudélien, Pascal Boulanger amplifie son travail poétique de manière étonnante. L’amour dans l’extrême diversité de ses formes y est ce souffle qui induit la scansion.
L’évangile du gitan, Jean-Marie Kerwich, éditions du Mercure de France, 14,50 €
Un ensemble de textes en prose qui tantôt penchent du côté de la poésie, tantôt de celui de la nouvelle s’interrogeant sur le mode de la confession autobiographique d’une enfance et d’une vie gitane sur les rapports de l’auteur au monde et à l’éternité auquel sa foi le renvoie sans cesse.
Mon suicide, Jean-Luc Caizergues, éditions Flammarion, 20,00 €
De petits textes d’un humour noir, naviguant entre la tendresse d’un regard décalé et la cruauté de l’absurde, décrivant les objets quotidiens les plus banals ou des actions anodines comme autant de fabulettes toujours (presque) composées de trois strophes de quatre vers. Une vision ironique et décalé de la vie contemporaine quotidienne.
MRM, Jacques Jouet, éditions POL, 12,00 €
Un recueil de poèmes qui pourrait être un roman, la vie — en tercets oscillant autour de l’alexandrin (grande prédominance des quatorze pieds) sans jamais s’y reposer — de Marie-Renée Morin, une tentative de portrait pour réconcilier fiction et poésie tout en essayant de maintenir les apports de l’une et de l’autre. Un ouvrage bien dans la ligne de l’Oulipo où se rencontre un écho général de l’écriture de Raymond Queneau.
Ne te confie qu’à moi, Mathieu Bénezet, éditions Flammarion, 18,00 €.
Dernier recueil de Mathieu Benezet qui en a déjà publié beaucoup d’autres, un recueil composé en fait de plusieurs sous-ensembles aux styles différents avec comme constante une écriture qui évite l’excessivité du lyrisme, cherche à utiliser la langue la plus directe possible avec le moins d’effets possible : une écriture parfaitement maîtrisée.
Valérie par Valérie, La Rédaction, éditions Al Dante, 20,00 €
Ce livre est le portrait auto-documenté grâce à La Rédaction de Valérie, héroïne malheureuse d’une émission de téléréalité. Un fabuleux point de vue langagier, inquiétant et drôle sur ces curieuses formes processuelles de production que sont nos vies. Cependant cet ouvrage n’est pas spécifiquement présenté comme étant de la poésie.
01 juillet 2008
Quelques lectures recommandées pour vos vacances
Pour vos lectures poétiques du mois de juillet 2008 le BIPVAL conseille :
(NB : Nos listes mensuelles s’interrompent jusqu’à fin septembre 2008)
Alin Anseew, Tombeaux, Tarabuste, 13,00 €
Alin Anseew revisite le genre classique du tombeau et, dans le même mouvement renouvelle le sonnet français en conservant (presque car il joue avec les règles) l’alexandrin et en supprimant (presque car il joue sur les sons) la rime. C’est une réussite incontestable d’autant qu’à côté des « tombeaux » classiques dédiés à un mort célèbre — Max Ernst, Pierre Jean Jouve — beaucoup sont dédiés à des vivants et d’autres à des thèmes encore moins attendus comme le « Tombeau de la liberté » ou celui « des pauvres gens ». Une vraie réussite…
Catherine Weinzaepflen, Le temps du tableau, Ed. des femmes, 15,00 €
Qui ose encore dire que la poésie contemporaine est incompréhensible et sans intérêt alors que tant de parutions, comme ce « temps du tableau » de Catherine Weinzaepflen, démontrent le contraire ? Une première partie faite pour l’essentiel d’esquisses de moment forts de voyages, de souvenirs, entre aquarelle et eau forte ; une deuxième partie qui se veut plus théâtrale posant des personnages comme autant de scènes vues ou jouées ; une troisième partie se présentant comme une lettre : un très intéressant travail sur les formes.
Jacques Demarcq, Les Zozios, Nous, 28 euros (livre+cd)
Jacques Demarcq, membre de la revue TXT et critique d’art, donne enfin à lire cet ensemble tant attendu. Immense réservoir de trilles et de plumes où le son, l’image et la mimésis donne à entendre tous les oiseaux du monde (pas simplement sur le cd accompagne le livre), mais dans l’espace de la page surtout.
Sébastien Smirou, Beau voir, P.O.L, 13 euros
Bestiaire au sens le plus classique du terme qui classe et répertorie avec fermeté et inventivité les animaux. Un remarquable travail sur l’image et le vers.
Gustave Roud, Rhapsodie, Héros-limite, 23 euros (livre+cd)
Textes, entretiens et lectures de cet important poète suisse romand mort en 1978 dont on entend alors les modulations comme la densité, à l’image de sa poésie classique et romantique à la fois.
01 juin 2008
Le BIPVAL recommande (juin 2008)
Jean-Marc Baillieu, L’inconstance, Spectres Familiers, 16 euros
C’est par la citation, le prélèvement, la fiction d’une seule phrase qu’avance le projet poétique de Jean-Marc Bailleu, de livre en livre, entre désinvolture (celle du titre) et saveur.
Anne-James Chaton, Questio de Dido, Al Dante, 25 euros (livre+cd)
Un livre choral d’Anne-James Chaton (avec les textes et voix notamment de Charles Pennequin, Josée Lapeyrère, Nathalie Quintane) qui parcourt Naples à la recherche de l’Enéide. Quand la poésie sonore se saisit des mythes antiques.
Françoise Collin, On dirait une ville, Ed. des femmes, 15,00 €
Petits et grands événements de la vie quotidienne — heureux ou tragiques —, des rencontres, des moments de vie, des micro-paysages dans un style simple mais dense, parfois proches du haïku, une écriture souple, très agréable et pourtant pleine d’étonnements.
Nicolas Pesquès, La face nord de Juliau, cinq et La face nord de Juliau, six, André Dimanche, 22 et 14 euros
Depuis vingt ans Nicolas Pesquès poursuit son entreprise d’exploration poétique en se confrontant à cette colline d’Ardèche. Au cœur de son livre, «Les Physiciennes» pourrait en être un des centres nerveux. Avec de superbes couvertures de Bernard Moninot.
Aline Karnauch, Côté mat, Le dé bleu, 13,50 €
Une poésie écrite dans une langue proche du parler quotidien, hésitant entre discours intérieur et conversation ordinaire mais riche de trouvailles langagières et d’images, quelque chose comme une femme qui commenterait, étonnée, des événements ou des moments du monde en se parlant à elle-même.
Adbellatif Laâbi, Tribulations d’un rêveur attitré, La différence, 15,00 €
On ne présente plus Abdellatif Laâbi depuis longtemps reconnu comme un grand écrivain marocain d’expression française. Il publie ici un ensemble de textes dont certains ont été publiés, parfois partiellement, dans diverses revues. La plupart des textes s’organisent autour des thèmes du voyage, de l’amour, du temps qui passe, du retour au pays natal, mais toujours avec cette tonalité d’engagement politique qui est une des caractéristiques de ce poète.
Jean-Pierre Lemaire, Figure humaine, Gallimard, 13,90 €
Des textes construits autour de références bibliques mais rapportées à des moments de vie quotidienne comme si la Bible n’était rien d’autre qu’un ensemble de sensations éternelles et infiniment reproductibles mêlés à des fragments de vie, des moments ordinaires où se jouent comme des échos. Une mystique du quotidien où la ménagère et Venise composent autant de vitraux.
Christophe Marchand-Kiss, Aléas, Le bleu du ciel, 14 euros
La probabilité, le gain, les multiples voix, mais aussi la perte, le jeu et l’amour, au gré d’une poésie disposée et pensée : le livre récapitulatif des écritures et techniques d’une génération poétique.
David Mus, Vers les murs cyclopéens, Ragage, 16 euros
Dans la proximité d’André du Bouchet, une poésie qui se construit mot à mot, moins par mimétisme que par élévation.
10 mai 2008
Le BIPVAL recommande (mai 2008)
De la Loire, Philippe Beck, Argol, 17 €
Philippe Beck, important poète de la contemporanéité, arpente et annote l’estuaire de la Loire. Une succession de vagues de pierre que la langue vient frapper.
Sous la vitesse, Ludovic Hary, Verticales, 21 €
Journal de bord à rebours, aventures sur place d’un pin maritime, mais aussi dix minutes dans l’expectative d’une nouvelle coupe de cheveu tressent l’étonnant portrait d’un l’auteur à la langue jazzée et soyeuse.
Iris, c’est votre bleu, Ariane Dreyfus, Le castor Astral, 12 €
Une écriture simple, directe, sensible, sans affectation, qui dit avec finesse et justesse des micro-événements de la vie quotidienne.
La porte verte, Fred Léal, P.O.L, 20,70 €
«Une discussion à bâtons rompus entre deux jeunes gens sur des sujets aussi éculés que mort du petit cheval» d’après la quatrième de couverture, mais surtout l’un des meilleurs livres du meilleur écrivain d’aujourd’hui (et le plus drôle).
=Jonchée, Anne Parian, Les petits matins, 12 €
Anne Parian additionne, soustrait, associe selon un code mathématique des mots et de minuscules propositions sur un mode ludique et signifiant. Une poésie qui explore des formes entre comptine et raisonnement.
21 poèmes-anagrammes d’après Hebel, Oskar Pastior, traduit et commenté par Frédéric Forte et Bénédicte Vilgrain, Théâtre Typographique, 18 €
La prouesse de traduire la poésie anagrammatique d’Oskar Pastior, poète inventif et méconnu de l’oulipo, et le plaisir de redécouvrir au travers les Histoires d’almanach de Hebel.
Drapeau rouge, Jean-Claude Pinson, Champ Vallon, 15 €
Sans reniement ni nostalgie, Jean-Claude Pinson prend à bras le corps ce lourd symbole et en fait le protagoniste d’une relecture de ses années de militance, de Mao à Mallarmé, entre humour, fiction et poésie.
Ralbum, livre+cd, LaureLi, Léo Scheer, 19, 50 €
Laure Limongi, Olivier Mellano, Emmanuel Tugny, mais aussi François Bon, Eric Chevillard, Nathalie Quintane, aux commandes d’un album pop-rock de lutte et de revendication. Engagement toujours !
Les événements visibles, Élizabeth de Vautibault, La Différence, 15 €
Publication d’une poète née en 1908, morte en 1984 écrivant en français mais ayant vécu une grande partie de sa vie aux USA. Une poésie de tendance lyrique mais équilibrée par l’humour. Préface de Léon-Paul Fargue.
Sodome et grammaire, Jean-Pierre Verheggen, Gallimard, 19 €
On ne présente plus Jean-Pierre Verheggen, ce flibustier qui trousse la langue à la hussarde : des textes très humoristiques mais toujours pleins de références visibles ou moins visibles prétextes à un tsunami de jeux de mots pour lesquels tout, ou presque, est permis. Une lecture des plus roboratives.
31 mars 2008
Le BIPVAL recommande (avril 2008)
Suite à notre accord avec la Bibliothèque de Choisy-le-Roi, siège du Bibliothème départemental poésie, tous ces ouvrages pourront être consultés dès fin avril dans leurs locaux.
Les périphéries du large
Didier Arnaudet, Le bleu du ciel, 12 euro.s Didier Arnaudet, poète et critique d’art, construit son texte sous le signe de la baïne. Cavités, images d’eau et ambiance de ressac piégent le lecteur et l’emportent vers un large, aux horizons très cinématographiques.
Dix-sept façons de rater un livre sur d’Annunzio
Jean-François Bory, Spectres Familiers, 12 euros. Jean-François Bory, poète visuel actif depuis les années 60, n’a jamais renoncé à la prose, au récit. D’Annunzio, figure par excellence de la gloire poétique et ses fourvoiements, est prétexte à un texte enjoué et érudit, qui interroge subtilement aussi notre rapport aux œuvres canoniques (fussent-elles oubliées ou mal connues, comme en France celle du conquérant de Fiume).
Polaroïd
Clark Coolidge, Eric Pesty éditeur, 21 euros. Polaroïd (1975), chef-d’œuvre de la poésie agrammaticale de Clark Coolidge, est publié ici sous sa forme audio. Coolidge, poète éclectique, cofondateur de la revue «Joglar» avec Michael Palmer, mais aussi jazzman, spécialiste de Kerouac, est encore peu connu en France. L’adaptation et la lecture qu’en donne Eric Pesty, impeccable éditeur à Marseille, constituent un événement: l’intelligence et la pratique d’un texte.
En cette grande époque
Jérôme Lhuillier, Flammarion, 15 euros. Premier livre d’un jeune auteur dont les langues, les horizons d’images concourent à un audacieux projet de compréhension totale dans et par la poésie.
Anonymat et autobiographie
Adilia Lopes, traduction du portugais d’Henri Deluy, Le bleu du ciel, 8 euros. Adilia Lopes est une voix étonnante de la poésie portugaise. Micro-fiction, humour et obsession universalisent une expérience, ainsi : (pour écrire violet et ciseaux à broder/j’ai été obligé de me mutiler).
Le prostituant
Éric Meunié, Spectres Familiers/cipM, 10 euros. Les aventures d’Eric Meunié en résidence à Marseille au couvent des Repenties. Argent et volupté pour une auto-poésie-fiction au démarrage, à clef de contact, écrite en versets.
Résume antérieur
Éric Suchère, Le mot et le reste, 13 euros. L’élégante beauté du phrasé d’Eric Suchère travaillée et dépouillée par la perception, le sentiment et le regard. Une errance à l’ombre des colonnes-torses du Bernin.
Ajouts contre jour
Pierre Le Pillouër, Le Bleu du ciel, 14 euros. Ne prendre la parole ni au sérieux ni au pied de la lettre, revisiter les expressions et idées toutes faites en les mettant au pied du mur d’une écriture pleine d’humour.
07 mars 2008
Le BIPVAL recommande (mars 2008)
Anthologie de la poésie d’Ouzbékistan
Sous la direction de Hamid Ismailov et Jean-Pierre Balpe, Le Sandre, 2 volumes, 13 € chaque. Une poésie millénaire, du ghazal classique à la poésie actuelle, un voyage dans le temps et l’espace, un avant-goût de la Biennale 2009 où la poésie turcophone sera à l’honneur.
Art conceptuel, une entologie
Sous la direction de Gauthier Herrmann, Fabrice Reymond et Fabien Vallos, éditions Mix, 22 €. Un volume très riche présentant de nombreux documents inédits indispensable pour tous ceux qui s’intéressent à la poésie contemporaine dans ses relations avec les autres formes de création
Grand ensemble
Nathalie Quintane, P.O.L, 16 € Le retour de Nathalie Quintane au format poétique sur un sujet toujours brûlant : notre rapport à l’Algérie.
La fille du département Fiction (carnet Hawaï)
David Lespiau, L’Attente, 11 € Empruntée à George Orwell et à 1984, La fille du département Fiction, permet à David Lespiau de poursuivre le récit de son écriture avec élégance, diffraction.
Le cas de le dire
Frank Smith, éditions Créaphis, 12 €. Comment travailler le langage de tous les jours en la ressassant, la malaxant dans tous les sens pour se débarrasser des banalités ordinaires et tenter d’atteindre un autre niveau d’expression qui serait peut-être la poésie.
Les jours s’en vont comme des chevaux sauvages dans les collines
Charles Bukowski traduit par Thierry Beauchamp aux éditions du Rocher, 17 €. Cet ouvrage paru aux USA en 1969 n’avait jamais été traduit en français. Une poésie « politique » écrite au ras du quotidien et de la difficulté de vivre.
Les techniciens du sacré
Anthologie de Jerome Rothenberg traduite par Yves di Manno aux éditions José Corti, 33 €. Présentation des «poésies tribales/orales» du monde entier et de la pensée sauvage. Un ensemble de textes passionnants pour remettre en perspective tout ce que l’on croit savoir de la poésie.
Mon journal pour Nina
Éric Houser, L’Attente, 7, 6 € L’art d’être quasi grand-père : Eric Houser écrit pour Nina (9 ans) un journal (d’été (de poésie)). Un texte d’une grande simplicité. Une formidable leçon de vie et de littérature.
Sans effets personnels
Yannick Liron, MIX., 5 € Le regard, le toucher, la grammaire, autant de formes d’individuation que Yannick Liron interroge, manipule avec humour et brio.










